Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) alerte sur les risques liés aux opérations contre les gangs armés en Haïti. Dans sa note de presse du lundi 26 octobre, l’organisation estime que les interventions visant à retrouver les quatre techniciens en aéronautique salvadoriens portés disparus depuis le 18 octobre à Santo, dans la commune de la Croix-des-Bouquets, doivent tenir compte des possibles complicités dont bénéficieraient les groupes criminels.
Selon le RHAJAC, les gangs armés pourraient bénéficier de soutiens politiques, économiques et policiers, tant en Haïti qu’à l’étranger. L’organisation évoque notamment de présumées complicités au sein du secteur privé, du haut commandement de la Police nationale d’Haïti et de la police de la République dominicaine.
Le réseau avance également l’hypothèse d’une entente discrète entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et des chefs de gangs armés, qui aurait pour objectif de lui permettre de se maintenir au pouvoir.
Face à cette situation, l’organisation affirme avoir réclamé à plusieurs reprises l’ouverture d’une enquête indépendante et indique continuer à déposer des plaintes. Elle estime que la lutte contre l’insécurité ne peut se limiter aux interventions armées, mais doit également porter sur les circuits de financement des gangs, leur approvisionnement en armes et les protections dont ils bénéficieraient.
Pour Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC, négliger ces dimensions pourrait compromettre l’efficacité des opérations et accroître les risques encourus par les militaires engagés sur le terrain.
L’organisation condamne par ailleurs l’attaque ayant conduit à la disparition des quatre techniciens salvadoriens et exprime sa solidarité avec leurs familles ainsi qu’avec le peuple salvadorien. Elle réclame la mobilisation de tous les moyens nécessaires pour les retrouver et déterminer les circonstances de leur disparition.
Le réseau insiste également sur la nécessité de protéger les populations civiles durant les opérations de sécurité. Il rappelle que les habitants des quartiers contrôlés par les groupes armés ne doivent pas être assimilés aux criminels qui les terrorisent.
Enfin, le RHAJAC réclame que les auteurs présumés des violences, leurs commanditaires, leurs financiers et leurs éventuels complices soient identifiés et poursuivis dans le cadre de procédures indépendantes et équitables. L’organisation réaffirme son exigence de justice pour les victimes haïtiennes et étrangères, estimant qu’aucune fonction politique, aucune fortune ni aucun grade ne doivent garantir l’impunité.