La Police nationale espagnole a ouvert, mardi 3 novembre, une procédure pour un éventuel délit d’homicide involontaire après le décès de Jesús de Miguel, attaquant du CD Tenerife. Le joueur avait été grièvement blessé lors d’un match face au FC Andorre, à la suite d’un violent choc aérien avec le gardien adverse, Jesús Owono.
L’incident s’est produit lorsque le portier du FC Andorre a effectué une sortie mal maîtrisée et percuté l’attaquant. L’arbitre a immédiatement interrompu la rencontre après avoir constaté que Jesús de Miguel ne présentait plus de pouls. Le gardien a, quant à lui, reçu un carton rouge direct à la 97e minute.
Les services de secours sont parvenus à réanimer le joueur dans l’ambulance. Victime d’un arrêt cardiorespiratoire, il a ensuite été transporté à l’hôpital de Tenerife, où il a été admis dans un état grave. Malgré plusieurs heures de soins intensifs, son état neurologique s’est détérioré et il a finalement succombé à ses blessures, selon son club.
À la suite de son décès, le Tribunal supérieur de justice des Canaries (TSJC) a confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire d’office, conformément à la procédure applicable aux décès dont les causes ne sont pas naturelles. Des sources policières ont également confirmé au quotidien espagnol El País l’intervention de la brigade des homicides.
Jesús Owono pourrait désormais faire face à deux procédures distinctes : l’une sur le plan sportif et l’autre sur le plan judiciaire. Sur le plan disciplinaire, il pourrait encourir jusqu’à 12 matchs de suspension. Toutefois, une éventuelle responsabilité pénale reste à établir.
En Espagne, les poursuites pénales liées à un accident survenu dans le cadre d’une compétition sportive restent exceptionnelles. Le principe du « risque autorisé » est généralement pris en compte par la justice, les sportifs acceptant les risques inhérents à la pratique de leur discipline, comme l’a rappelé le pénaliste espagnol José María de Pablo.
