Selon Djovany Michel, les menaces proviennent notamment de plusieurs numéros de téléphone locaux, dont +509 38 51 5534, +509 32 75 2895 et +509 4416 1111. Il affirme que les personnes qui le contactent disposent d’informations précises sur sa localisation, ce qui renforce ses inquiétudes quant à sa sécurité.
Le journaliste met directement en cause Aîné Raphaël et Richardson Séraphin, qu’il accuse d’être les auteurs de certaines menaces. Il affirme également que ces individus seraient proches de l’ancien président Michel Martelly et exerceraient des fonctions de conseillers en communication auprès du gang armé « 400 Mawozo ».
Cette affaire survient dans le prolongement des révélations du RHAJAC, qui, dans sa note du 2 novembre, dénonçait l’utilisation présumée de réseaux d’influence impliquant des signataires d’une lettre d’UNA-HAÏTI et l’ancien président Michel Martelly. Le réseau évoquait notamment une possible tentative d’entraver les opérations de sécurité menées avec l’appui des forces salvadoriennes en Haïti.
De son côté, le groupement politique DEBLOKE a réagi à ces accusations dans une note de mise au point publiée le 3 novembre, sous la référence N/006. Signé notamment par son coordinateur général, Kesner Doblard, ainsi que Joseph Junior Michel et Joseph Gérald Salomon, le document rejette les allégations du RHAJAC concernant une prétendue tentative de sabotage des opérations de sécurité.
Le groupement politique condamne néanmoins toute forme d’intimidation et de violence politique, soulignant que la sécurité et l’intégrité physique de tous les acteurs doivent être garanties, sans distinction.
Malgré les pressions qu’il affirme subir, Djovany Michel dit ne pas vouloir renoncer à ses démarches. Il considère que les menaces constituent les conséquences de ses révélations, mais assure être prêt à les assumer.
« Dénoncer un réseau aussi puissant entraîne des conséquences que j’assume et auxquelles j’étais préparé mentalement. Je n’ai pas peur », a-t-il déclaré.
À ce stade, les accusations formulées par le journaliste et les responsabilités qu’il attribue aux personnes citées restent à établir. Cette affaire soulève néanmoins de nouvelles préoccupations concernant la sécurité des journalistes et la liberté d’expression dans un contexte national marqué par les violences et les pressions exercées contre les acteurs de l’information.
