CPT et la Primature : quand le conflit au sommet paralyse la lutte contre les terroristes | Le Bainétien
CPT et la Primature : quand le conflit au sommet paralyse la lutte contre les terroristes
Alors que le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) affirme renforcer ses actions contre les groupes armés qui terrorisent la population depuis plusieurs années, une nouvelle crise politique vient fragiliser davantage un État déjà chancelant. En effet, un profond désaccord oppose actuellement le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et le Premier ministre, plongeant le pays dans une instabilité institutionnelle préoccupante.Quatre conseillers du CPT ont voté en faveur de la révocation du Premier ministre, estimant que sa gestion ne répond plus aux exigences de la transition. À l’opposé, le président du CPT a refusé d’entériner cette décision, accentuant ainsi la fracture au sommet de l’État. Ce bras de fer politique survient à un moment particulièrement sensible, à l’approche du 7 février, date marquant la fin officielle du mandat du CPT.Cette situation n’est pas sans rappeler un schéma récurrent de l’histoire politique haïtienne. Chaque fois qu’une dynamique semble s’amorcer pour restaurer l’ordre ou libérer le pays de la spirale de la violence, des conflits internes surgissent au sein même du pouvoir exécutif. Ces luttes d’influence affaiblissent l’action publique, désorientent les forces de sécurité et offrent un terrain favorable à l’expansion des groupes armés.Sur le plan international, les États-Unis d’Amérique (USA) et le Canada ont clairement exprimé leur opposition à toute initiative visant à renverser le Premier ministre et son gouvernement en dehors des mécanismes prévus. Cette position, bien qu’affichée comme stabilisatrice, est perçue par une partie de la population comme une ingérence ou, à tout le moins, comme un soutien à un statu quo jugé peu efficace face à l’insécurité grandissante.Pendant ce temps, la population paie le prix fort. Les routes restent bloquées, la libre circulation est entravée, les activités économiques sont paralysées et des milliers de citoyens vivent dans une peur quotidienne. L’État, au lieu d’apparaître comme un rempart contre la violence, donne l’image d’un pouvoir divisé, absorbé par des calculs politiques alors que l’urgence est nationale.Au cœur de ce chaos, une question fondamentale s’impose : à quels intérêts répondent réellement ces luttes de pouvoir, lorsque la sécurité, la dignité et la survie même de la population semblent reléguées au second plan ?Magduel Beaubrun
Par Magduel BEAUBRUN
23 Jan 2026
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À propos de l'auteur
Magduel BEAUBRUN
Journaliste au sein de la rédaction du journal Le Bainétien, engagé pour une information de qualité.
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