Le jeudi 23 avril, la Cour constitutionnelle du Bénin a définitivement validé la victoire de Romuald Wadagni à l'élection présidentielle du 12 avril. Comme l'avaient indiqué les résultats provisoires de la Commission électorale, le candidat du pouvoir sortant l'emporte sans surprise. Le président de la Cour, Cossi Dorothé Sossa, a officiellement proclamé l'élection de M. Wadagni à la tête de l'État et de Mariam Chabi Talata au poste de vice-présidente. L'investiture du nouveau chef de l'État est prévue le 24 mai prochain.

 

En effet, agé de 49 ans, Romuald Wadagni était jusqu'ici le ministre de l’Économie et des Finances, un poste qu'il a occupé pendant une décennie. Fidèle allié et dauphin désigné du président sortant Patrice Talon, il est largement considéré comme l'artisan des grandes réformes économiques du pays. Après l'annonce des résultats, il a salué une victoire qualifiée de « consensus national », promettant de poursuivre les efforts de développement tout en intensifiant la lutte contre l'extrême pauvreté.

 

Par ailleurs, les défis qui l'attendent sont nombreux. Sur le plan sécuritaire, la montée des violences jihadistes dans le nord du pays constitue une menace grandissante. Son arrivée au pouvoir intervient dans un climat politique tendu, marqué par des critiques récurrentes sur le recul des libertés publiques et l'absence des principaux opposants durant le scrutin. En décembre dernier, les autorités avaient en outre affirmé avoir déjoué une tentative de coup d'État avec l'aide de partenaires étrangers.

 

Patrice Assiongbon SOWANOU